Les après-midis chauds de ma petite enfance, à la maison de campagne, où mon grand-père allumait religieusement tous les jours à la même heure le vieux poste de radio des années 50 qu'il avait retapé lui-même.

Le courant d'air qui rentrait par la porte de la cuisine, devant laquelle pendouillaient inexorablement les lames de plastiques multicolores du rideaux pare-soleil, et l'image du pichet d'eau "Paul Ricard" et son ombre intermittente.

Les commentaires enflammés de Zitrone ou d'un autre dont il fallait respecter les échos en silence, ou du moins en ne faisant pas trop de bruit pendant le goûter (avec des "portions" au chocolat ou ou fromage... et un sirop de citron).

Le doux frottement des aiguilles à tricoter de ma grand-mère comme des coups de pédales rapides et discrets, et qui ne s'arrêtait qu'à la fin de l'étape, lui aussi.

Et le résumé du tour, le soir, sur l'écran noir et blanc placé sur le buffet, et sur lequel on devait deviner la couleur des maillots des coureurs.